Des lycéennes s’engagent pour le soutien scolaire à SMR

Des lycéennes s’engagent pour le soutien scolaire à SMR

SMR Solidarité Migrants Rueil

Lundi 6 mai, Anne-Marie HAON, Philippe FACCHIN, responsables de l’accompagnement scolaire à SMR Hauts-de-Rueil, et moi-même, intervenante en soutien scolaire, avions rendez-vous avec 10 lycéennes, parmi les 16 jeunes qui depuis 2017, ou 2018 ou début 2019, assurent l’accompagnement scolaire d’enfants inscrits à SMR.

Ces 16 jeunes sont issus soit du lycée Paul Langevin de Suresnes soit de trois des quatre lycées de Rueil : Célestine est à Paul Langevin, tandis que Nina, en TS, vient du centre Madeleine Daniélou, qu’Angelina, Apolline, Eléonore, Elisa, Gabrielle, Laurine, Pauline, Théa et Zoé sont en 1ère ES Européenne du lycée Gustave Eiffel et qu’Elisa et Lucia sont inscrites en 1ère S au lycée Richelieu. Des élèves de TS du lycée Richelieu, dont Gabrielle et Simon sont aussi engagés à SMR pour le soutien scolaire.

Cette rencontre nous a d’abord permis de découvrir les chemins à l’origine de leur engagement.
Deux « lanceuses d’alerte », Laurine et Célestine, déjà engagées avec nous et appartenant aux scouts et éclaireurs de St Cloud, ont signalé à leurs camarades nos besoins. Deux autres filles qui nous rejoignent, Elisa et Lucia en 1ère S à Richelieu, ont été alertées par le même canal.

« Et nous avons lu leurs stories sur Snapchat ! » ; « Je voulais aider et cherchais une action. » ; « Je cherchais à m’investir pour aider les personnes qui en ont besoin ».

Pourquoi alors cette attention portée aux migrants, ou aux « réfugiés » ?
L’une avait déjà constitué, à la demande de son professeur au collège des Bons Raisins, un livret d’aide aux migrants. Et puis, aider des enfants :
– « C’est la base », c’est commencer à la racine le travail en faveur des migrants.
– « Pour les aider à s’intégrer mieux ».
– « On a vu des documentaires où on voyait maltraiter les migrants ».

Les médias et diverses sources d’information ont joué leur rôle : des documentaires sur l’Aquarius ou d’autres, une exposition de photos.
Elles ajoutent : « En ES, on nous incite à nous informer ! ».
Tous les moyens sont bons : les journaux télévisés et leurs applications intégrées, les radios, les journaux ; Mediapart ; et les réseaux sociaux. « Il y a aussi des comptes d’info, par exemple RDATV. »
Bref, « ce sujet nous touche beaucoup et trouve pas mal de diffusion ! »

D’autres sources extérieures ont contribué : leurs propres observations, des discussions avec leurs parents, l’exemple de la sœur de l’une, engagée dans l’association « La Courte Echelle » à Suresnes.

Ce qu’elles veulent toutes : « Pouvoir être utiles à ceux qui n’ont pas eu la même chance que nous ! ».

Qui sont donc leurs élèves ? Comment s’organisent-elles ? Que découvrent-elles ?
Parfois seules en tête-à-tête avec leur élève, ou en binômes, Angelina et Zoé s’occupent de Lina (5ème), Elisa et Lucia, d’une sœur (CE2) et d’un frère (CM2), Gabrielle et Théa, de Marwin (CE1 collège des Buissonnets).
Eléonore et Pauline suivent Hossen (en CM1) ; Apolline travaille avec Chaina (CM2) dont la sœur, Isra, en CP, est avec Elisa (de 1ère ES).
Elisa (De 1ère S) et Lucia suivent une sœur et un frère, en CE2 et CM2, en anglais surtout, à la demande de leur mère.

Leurs méthodes ? 
La rencontre avec l’un des parents, ou les deux ; l’analyse du bulletin scolaire de leur élève.
Par exemple, Angelina et Zoé se sont aperçues des besoins réels de Lina : celui d’apprendre à apprendre.

Elles ont donc ciblé leur soutien sur l’histoire, les math, les langues et l’apprentissage des fiches de révision.
Pour l’anglais, Elisa et Lucia ont compris, d’après les leçons d’anglais des élèves, qu’il fallait leur apprendre à formuler des questions et leur apprendre les verbes. Pour cela, elles utilisent des chansons ou un jeuconcours.

La pédagogie leur vient vite : l’intérêt et les centres d’intérêt de l’élève avant tout ! D’où le choix d’activités variées.

Quelles impressions retirent-elles de ces séances ?
– « On prend vite conscience que ces enfants viennent d’un autre environnement que le nôtre. »
– « C’est hyper-enrichissant ! », « On apprend des choses ! » « On gagne en maturité !
– « On apprend à changer de place, à passer d’enseignée à enseignante. »
– « Changer de rôle, c’est éclairant ! »
– « Ce qui est vraiment important, c’est la relation qu’on crée avec l’enfant !»

Selon quelles conditions se passe le soutien scolaire avec ces jeunes intervenantes ?
Puisqu’elles ont moins de 18 ans, il a fallu l’accord de leurs parents.
Pour les coordonnées des parents de leurs élèves, elles peuvent s’adresser facilement à Mme Haon ou à M.Facchin.

L’horaire actuel des séances, c’est le lundi à 17h ou le mercredi après-midi ; mais leur durée varie entre 45’ et 1 h, voire 1h30, selon l’âge des enfants.
Quelle énergie et quelle joie se dégagent d’une telle rencontre !

Des lycéennes ont transmis un appel à l’aide, d’autres y ont répondu. Leur curiosité et leur ouverture d’esprit leur ont fait percevoir ce qu’avait de déstabilisant pour des gens la situation d’étrangers dans un milieu complètement différent. Leur sensibilité et leur générosité, ainsi que leur volonté d’agir, en éveil, étaient à l’affût d’une action concrète et proche. Et les voilà engagées au service des plus jeunes, pour faciliter leur parcours d’apprentissage et d’intégration.


Comment ne pas saluer leur esprit d’initiative et leur dynamisme ! Elles apportent à notre association une bouffée de confiance et d’optimisme.


Un grand merci à Laurine et Célestine pour leur appel et un grand merci à toutes celles et tous ceux, parmi ces étudiants, qui ont répondu « présentes », « présents » !

Merci à tous ces jeunes engagés aux côtés de SMR !

Claude SCHAER.


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